À Marseille, un atelier pour penser l’avenir : faire équipe avec les stagiaires

temps de lecture : 4 minutes

Vendredi 13 juin, 9h. À l’abri de l’effervescence du Parc Chanot, une quinzaine de puéricultrices venues de toute la France prennent place, curieuses, peut-être un peu en veille, comme on l’est souvent à cette heure-là lors d’un congrès. Toutes ne se connaissent pas, toutes viennent de réalités professionnelles différentes : hospitalier, PMI, crèches, directions de structures… Et pourtant, quelque chose va se tisser autour d’une question centrale : Et si accueillir un·e stagiaire, c’était déjà faire équipe ?

Accueillir, c’est déjà transmettre une culture

Dans un contexte de pénurie de professionnel·les qualifié·es, accueillir un·e stagiaire, ce n’est plus “faire comme on a toujours fait”. C’est ouvrir une porte sur l’avenir, prendre la responsabilité de transmettre avec justesse, de donner envie de rester. L’atelier animé par Anne-Laure Largeau et Dominique Albeaux avait pour ambition de redonner du sens et des outils concrets à cette mission souvent reléguée au second plan dans un quotidien surchargé.

Faire équipe commence par faire équipe avec les stagiaires. Pas “après”, pas “quand on a le temps”, pas “si le stage se passe bien”. Non, dès le premier jour.

Des a priori à la remise en mouvement

Très vite, les échanges ont pris vie, portés par des questionnements francs, parfois inconfortables :

“Comment faire quand la stagiaire est complètement à côté de son stage ?”

“Quand l’équipe est déjà en difficulté, peut-on vraiment bien accueillir ?”

“Et puis… est-ce qu’on a encore l’élan de transmettre, vraiment ?”

Mais soyons honnêtes : si ces puéricultrices ont fait le choix de s’inscrire à cet atelier, c’est bien que l’envie de transmettre est toujours là. Même si elle peut vaciller, s’émousser, se heurter aux réalités du terrain.

Au fil du work café, les résistances se sont transformées en curiosité, les expériences partagées ont ouvert des perspectives. Pas de baguette magique, mais un livret-outil clair et accessible, pour prolonger les échanges, nourrir les pratiques, et remettre de la conscience dans ce geste fondamental : accueillir un·e stagiaire, c’est déjà faire équipe.

Le cadre, levier d’engagement intergénérationnel

On entend souvent parler d’un “choc des générations”, comme si le lien était devenu impossible. Mais ce que nous avons observé, c’est tout autre chose :

Quand le cadre est clair, explicite, bienveillant, alors ça fonctionne, quel que soit l’âge ou le parcours.

Dans le groupe réuni ce matin-là à Marseille, les écarts d’âge, de parcours et de contextes professionnels étaient bien présents. Et pourtant, dès lors qu’un cadre clair est posé, que les attentes sont nommées et les rôles partagés, quelque chose se passe : la parole circule, la compréhension s’installe, et l’envie d’agir ensemble émerge.

Une intelligence collective précieuse

Ce que cet atelier a montré, c’est que la motivation existe. Même si elle est parfois recouverte de fatigue, de doutes, ou d’usure. Mais quand on offre un espace pour réfléchir ensemble, quand on remet du sens dans ce qu’on fait, les idées fusent, l’énergie revient.

Pas de miracle. Mais des leviers : poser un cadre, définir un statut clair au stagiaire, penser l’intégration comme un projet d’équipe, oser dire les choses, ajuster les postures…

Et surtout : ne pas rester seules. Parce que le collectif, ça soutient, ça éclaire, et ça donne de l’élan.

En guise de mot de la fin…

Merci à toutes les participantes pour leur engagement sincère, leur écoute, leur créativité.

Vous n’étiez pas là ? On continue d’essaimer ces réflexions partout où l’on peut.

Et si vous ne deviez retenir qu’une chose : faire équipe commence par faire équipe avec les stagiaires.

Parce que ces sujets méritent d’être approfondis, partagés et travaillés en équipe, nous serions ravies de les faire vivre aussi dans vos structures.

Publié le 24/06/2025

Dominique ALBEAUX et Anne-Laure LARGEAU

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