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Il y a des questions qu’on nous pose souvent :« Quel est le secret d’un bon aménagement d’espace ? », « Comment gérer une équipe en pleine épidémie de bronchiolite ? »
Et puis il y a… LA question, posée avec un petit sourire intrigué :
« Alors… après un an d’entrepreneuriat… vous continuez ? Ou vous arrêtez ? »
On dirait presque qu’on parle d’un régime détox, d’un abonnement à la salle de sport ou d’une relation compliquée.
Il y a ceux qui imaginent qu’on travaille quand on veut, où on veut (en terrasse, avec un latte, évidemment), et ceux qui chuchotent : « Elles doivent rouler sur l’or maintenant… »
Si seulement ils savaient. La réalité ? Moins instagrammable… mais tellement plus intéressante.

Le fantasme du « waouh, elles doivent bien gagner leur vie »
On connaît ces regards un peu brillants. Ceux qui mélangent admiration, curiosité… et parfois quelque chose de moins avouable.
« Vous avez monté votre structure ? Waouh… vous devez super bien gagner votre vie. »
Dans l’imaginaire collectif, entreprendre dans la petite enfance, c’est :
- la liberté totale,
- des horaires choisis,
- des projets qui s’enchaînent,
- et un compte en banque confortablement rempli.
Ce fantasme ne montre jamais l’envers du décor :
les heures invisibles, les responsabilités constantes, les risques financiers et la charge mentale.
Et puis, il faut le dire franchement : il y a de la jalousie.
Pas toujours consciente.
Pas toujours méchante.
Mais bien réelle.
Une jalousie qui naît de ce que les autres croient voir : notre liberté, notre visibilité, notre enthousiasme, notre sentiment d’alignement. Jamais ce que ça coûte pour en arriver là.
La liberté fait rêver. Mais elle dérange aussi.
Parce qu’elle renvoie à ce que l’on n’ose pas faire soi-même.
Alors, au fond, il y a trois options.
- Soit on se lance, à son tour.
On accepte les risques, les responsabilités, l’exposition, le travail invisible.
- Soit on se calme.
On arrête de fantasmer la vie des autres, de commenter ce qu’on ne connaît pas.
- Soit on reste là où l’on est.
Dans un cadre salarié, avec une sécurité, un salaire stable.
Et on s’en satisfait — ce qui est totalement respectable.
Mais on ne peut pas tout vouloir à la fois : la liberté, la visibilité, l’enthousiasme… sans accepter ce que cela coûte.
La réalité : beaucoup de travail, beaucoup de charges… mais aussi beaucoup de sens
Spoiler : l’entrepreneuriat n’est pas un miracle financier.
Quand on dirige une structure, on découvre vite :
- que les charges divisent les revenus « idéalisés » par deux (voire trois),
- que l’administratif ne dort jamais,
- que les normes (Qualiopi, obligations réglementaires, suivi qualité) demandent du temps et de la rigueur,
- que les responsabilités reposent sur nos épaules, pas sur celles d’un service RH.
Oui, on travaille beaucoup. Souvent plus qu’avant. Parfois pour gagner moins.
Mais… on ne regrette rien. Parce que ce qu’on fait a du sens.
L’entrepreneuriat : un risque que tout le monde ne peut (ou ne veut) pas prendre
Créer sa structure, développer son organisme de formation, accompagner les pros… Ce n’est pas juste « changer de statut ».
C’est accepter :
- La disparition de la sécurité salariale,
- Des revenus irréguliers,
- La gestion de tout : administratif, partenariats, parents, comptabilité, imprévus, stratégie, communication…
- Un investissement personnel et financier énorme.
Ce n’est pas que “tout le monde ne peut pas”. C’est surtout que tout le monde n’a pas envie d’une telle montagne russe du quotidien. Et c’est parfaitement OK.
Les avantages réels : liberté, sens, autonomie… et une équipe incroyable
Alors, quand on nous demande : « Alors… on continue ou on s’arrête ? »
La réponse est évidente : On continue.
Parce qu’on vit :
- Une liberté d’organiser nos formations comme on veut ;
- La possibilité d’incarner vraiment nos valeurs ;
- La force d’une équipe qui nous porte autant qu’on la porte ;
- La joie de contribuer à la formation continue des professionnelles ;
- La sensation de servir à quelque chose de profondément utile.
Ce n’est plus seulement un métier. C’est un projet, une dynamique, un espace d’épanouissement.
Et parlons de ce sujet tabou : le salaire
Ce qui est amusant, c’est que personne ne nous demande jamais clairement “Combien vous gagnez ?”
En France, on fantasme sur le salaire des autres…mais on n’en parle pas.
Le salaire, c’est tabou. Alors on imagine. On extrapole. On surestime.
Ce qu’on peut vous dire ? On gagne moins qu’avant – en tout cas en monnaie sonnante.
Et le taux horaire… comment dire…il est clairement moins bon.
Mais ce qu’on gagne en liberté, en sens, en cohérence, en créativité ? Là, on est très, très riches.
Conclusion — Un an plus tard : on continue… évidemment
On continue.
Pas pour le chiffre d’affaires. Pas pour un confort financier.
Mais pour :
- Accompagner les équipes,
- Former les professionnelles,
- Créer, transmettre, innover,
- Contribuer à améliorer la petite enfance.
Parce que les pros méritent mieux. Parce qu’on est libres, responsables, parfois débordées…
mais tellement heureuses.
Le fantasme, finalement, n’est peut-être pas là où on le croit.
Le vrai luxe, ce n’est pas le salaire : c’est de faire ce qu’on aime.
Et pour celles et ceux que ça démange…
On le voit souvent :
Des pros qui souffrent, s’ennuient ou s’épuisent se disent :
« Je vais faire de la formation. », c’est un métier. Un vrai.
Avec des compétences, une posture, des outils, des méthodes.
Alors pour vous éviter de vous lancer à l’aveugle, pour vous accompagner vers une reconversion solide et respectueuse de ce métier :
Nous avons créé une formation géniale pour apprendre à animer les APP : https://of-tournesol.com/formations/animer-une-seance-danalyse-des-pratiques-professionnelles-app/
Elle peut vraiment vous ouvrir d’autres horizons.
Parce que former, accompagner, ça s’apprend.
Et c’est passionnant.
Publié le 17 décembre 2025
Dominique ALBEAUX et Anne-Laure LARGEAU

Vous êtes géniales.
Merci pour ce retour d’expérience si simple, concret, fluide, professionnel, enthousiasmant.
Je vous envie, venez vite dans nos structures pour nous former.
Bonjour Christelle, Merci beaucoup, à très vite en 2026 alors ! passez de bonnes fêtes